Samedi 17 octobre
Tout est prêt pour m'élancer sur la route Napoléon. Ma mère et moi sommes parties de Genève dans la matinée pour arriver à Grenoble aux heures de midi, ville de départ de la fameuse route. Je détache mon vélo, enfile mes vêtements chauds et m'en vais avec un vent fort vicelard....pas une partie de plaisir ;-( Assez vite, la route se divise: la RN85 ne semble pas être autorisée aux cycliste sur le tronçon jusqu'à La Mûre, ça roule très vite^^ Je dois prendre la D529 qui sera vallonnée à souhait, mais très jolie à faire! Depuis Notre Dame de Commiers, il y a une belle vue sur une sorte de lac (le cours d'eau du Drac, à vrai dire)! Une descente sinueuse plus tard, quelques faux plats et quelques bosses plus tard, j'arrive à Corps. Congelée... Trop de vent par rafales, je retrouve ma mère en chemin et je lui demande de me pousser direct jusqu'à Gap parce que j'en ai marrrrrreeeee! Et hop, je m'épargne une longue route rectiligne avec des bagnoles qui me doublent à toute allure en me frôlant...
Une fois à Gap, je remonte sur mon destrier et je mets le cap sur Sisteron ;-) Là encore, la route n'est hélas pas des plus plaisantes à vélo... Je tombe un peu de haut avec cette route mythique qui est bien plus sympa à faire en moto ou en voiture^^ Car il y a tout de même de jolies choses à voir! C'est une route de montagne! A l'hôtel, je fais dormir mon vélo dans un petit local fermé (100 km au compteur pile poilou, et dans les 1500 m de déniv) et je pars dans ma chambre pour voir si je ne peux pas m'organiser un autre parcours plus sympa pour le lendemain ;-) Décision: je laisse la route Napoléon et je file direct sur Aix en Provence, en longeant la Durance et en faisant un petit détour dans l'arrière-pays...
Dimanche 18 octobre
Les températures sont un peu plus clémentes, et le soleil brille de mille feux! Je quitte l'hôtel Ibis en selle, ma mère profite de faire un ou deux marchés pendant que je vadrouille le long de la Durance. Nous nous retrouvons pour pique-niquer à Pertuis, et je repars sur Mallemort, bled depuis lequel je retrouve la D7 pour foncer sur Aix en Provence, après 170 kils! C'est que j'ai une star à voir, héhé^^ Nicolas Fritsch, cycliste pro jusqu'en 2008 et désormais entraîneur à la carrière fort prometteuse... A peine ai-je le temps de traverser Aix pour atterrir à l'Ibis que nous nous retrouvons dans le bar-café de l'hôtel, avec l'adorable toutou de sa chérie^^ Il me donne des conseils de parcours à faire en vélo dans sa région pour le lendemain matin, et RDV est pris pour nous revoir l'après-midi dans le fitness où il donne des cours de RPM 8-)
Lundi 19 octobre
C'est parti pour le tour de la Montagne Ste Victoire! Météo radieuse quoi qu'assez venteuse, petite route superbe (je suis presque seuuuule).........mais on dirait que ça ne descend jamais (sauf quand je réalise alors que j'ai dépassé les 600 mètres d'altitude et que je me mets en roue libre sur des longues portions à 40-50 km/h)^^ De la montée, du faux plat, des lignes droites......j'ai l'impression que ça ne monte pas en voyant la ligne d'horizon mais pourtant j'ai le compteur bloqué à 17 km/h;-( C'est l'absence de lacets qui donne ce faux sentiment de platitude....car ma Polar indiquera quand même dans les 800 mètres de dénivelé au terme de la sortie. Un crochet par le Barrage de Bimont, et descente sur Aix pour 70 kilomètres de vélo.
Repas à l'hôtel, et je repars au fitness de Nico dans l'après-midi! La séance m'est offerte, le temps de me démolir les dorsaux, de me flinguer les triceps et de chauffer les épaules. A 18 heures, Nico donne son cours de RPM dans une ambiance survoltée, poussant sur les pédales avec une puissance de psychopathe, musique entraînante et jeux de lumières...la totaaaale!
Et la soirée se termine avec Nicolas en guest, au (modeste) resto de l'hôtel, avec un délicieux repas (mmmmh les mets protéinés et les desserts.....je me suis révélée dans mon plein jour, hahaha) et plein de beaux souvenirs de cette escapade!!! Je reviendrai à la saison nouvelle, il y a trop de choses à faire en vélo^^
Mardi 20 octobre
Retour à Genève ;-) Non sans faire un saut sur St Etienne les Orgues, point de départ de la Montagne de Lure, empruntée par le Paris-Nice de cette année! Il pleut un peu, le ciel est gris, les températures sont correctes (je me dis que ça va bcp chauffer sous mes vêtements en grimpant, je me contente de mes manchons-jambières-écharpe-bonnet-gants-coupe vent) donc je n'hésite pas: je me lance sur les pentes de la montagne qui culmine quand même à plus de 1800 mètres d'altitude!
Le début est très roulant, je suis seule sur la route, je laisse ma mère filer en voiture jusqu'au sommet où je lui demande de m'attendre (même si j'ai fait quelques progrès en descente, je sais que je vais congeler au sommet de Lure, et en plus le sol n'est pas terrible: gravier, éboulis, sol glissant à cause de la pluie). Mais voilà....passé le 13ème kilomètre environ, VLAM!!! Brouillard blanc, vent à décorner les boeufs, pluie ravivée, visibilité nulle à 3-4 mètres.....dingue!
Je ne peux plus reculer: il me reste 5 kilomètres, je n'ai pas de réseau et je veux arriver à ce sommet avec mes jambes coûte que coûte!! J'ai vu sur internet que la montée fait 18 kilomètres....mais vers le 15-16ème, on dirait que ça redescend ou que c'est plat (ce sont les sensations que j'ai dans les jambes...car je ne vois RIEN), comme si j'étais au sommet et que j'allais basculer sur l'autre flanc en descente ;-S Merdouille, c'est ce que je veux éviter! Je commence franchement à crever de froid: je suis à plus de 1700 mètres d'altitude et il fait -1°C! Les conditions sont juste DANTESQUES! Vent fort, brouillard qui ne désemplit pas, impossible de voir si j'arrive au sommet, si la route tourne, si ça monte encore ou pas, s'il y a un panneau indiquant quelque chose...
Je commence à flipper, ch'ais pô quoi faire^^ D'un côté ça m'amuse, d'un autre ça m'affolle: impossible de contacter ma mère par talkie-walkie pour la localiser, je me sens un peu paumée et j'ai un sale pressentiment. Et là, surprise: une voiture qui vient de l'autre sens (c'est bien la première que je croise...avec un temps pareil, qu'est-ce que les gens iraient faire sur Lure) s'arrête à ma hauteur "Mais mademoiselle, vous êtes seule? Vous faites quoi ici par ce temps??? Non mais vous ne savez pas qu'à la montagne, la météo peut devenir vraiment imbuvable?" Je leur explique que je cherche le sommet du col (ils me répondent que je n'ai plus que 800 mètres) et je leur demande s'ils ont croisé ma mère en voiture bleue au sommet (leur réponse est affirmative: non! Personne!). Oups.
Ces "anges" ne veulent pas me "laisser comme ça dans la montagne" (surtout que je suis congelée, je peine à parler et mes doigts sont insensibles, heureusement que je n'ai pas besoin de freiner, ça monte^^). Ils prennent mon numéro de téléphone et décident de faire un virage à 180 degrés pour remonter au sommet de Lure et m'y attendre. Mais le temps qu'ils manoeuvrent, je suis déjà en haut....seule. Il fait -2 degrés (et avec le vent, les sensations sont pires^^)! Lorsqu'ils me rejoignent, ils me chargent dans leur camionnette et je parviens à joindre ma mère qui a....basculé de l'autre côté (4 kilomètres plus bas). Bon, OUF! Merci à ces adorables gens et à leur dévouement aussi spontané ;-D
Je largue mon vélo contre la voiture de ma mère et reste 15 minutes dans l'habitacle en collant mes mains contre le chauffage pour rebouger un peu les doigts, puis je ressors pour atteler ma bécane sur le porte-vélo. Et hop, descente en voiture à 20-30 km/h tellement on y voit r-i-e-n, nous sommes engagées sur l'autoroute du retour vers 15 heures. Je claque des dents jusqu'à 18h (hypothermiiiieuh) et ne retrouverai la sensibilité de mes orteils qu'à 22h, hihi! Mais quelle expérience <3 Je suis quand même déçue de ne pas avoir pu admirer le paysage de Lure, parce qu'on le décrit comme la petite soeur du Ventoux....donc j'y reviendrai quand il fera moins dégueulasse!
Voilà pour le "week-end de 4 jours", avec 360 kils au compteur et dans les 3800 mètres de dénivelé, donc rien de bien méchant^^ J'ai eu l'occasion de tester mon équipement hivernal.........et j'ai surtout eu l'occasion d'enfin rencontrer le Nico Fritsch! D'ailleurs je vais mettre la photo du dimanche soir avec le toutou qui a voulu terminer les restes de mon fondant au chocolat sur mes lèvres (mwaha, je suis gore)! Et plus bas, une photo assez parlante.........lol!

